![]() Los Papines - en concert à Dax - septembre 2005 |
Mais aujourd'hui, bien que ces styles aient récupéré leur nom, la confusion demeure. La rumba sans le H n'est en aucun cas une danse de salon. En plus d'être une musique et un genre de danse au caractère éminemment africain, c'est une attitude, un état d'esprit, une atmosphère... La rumba est une fête à laquelle chacun participe. Elle se joue au grand air, dans la cour des immeubles ou plus simplement dans la rue. On peut la jouer avec tout ce qui peut tomber sous la main. Cela peut être un tambour mais aussi un tiroir de commode, une boite en bois, une chaise, des bâtons, des cuillères, etc.
La rumba est née dans la province de Matanzas à la fin du XVIIIe siècle. Son développement à Cuba date du milieu du XIXe siècle. Elle s'est ensuite propagée dans la province de la Havane et plus récemment dans la province de Santiago. Quelle que soit sa forme, la rumba comporte un chant, une danse et des percussions. Elle est définitivement l'un des plus beaux fleurons du folklore afro-cubain.
Les origines mélodiques sont attribuées aux Espagnols et plus précisément aux andalous par le biais du cante jondo. La paternité rythmique est sans nul doute bantoue. En effet, la rumba descend de la yuka, danse de fertilité congo mais également de la macuta, autre danse congo mais guerrière cette fois-ci. On appelle les rumbas les plus anciennes : rumba de tiempo españa (rumbas de l'époque espagnole). On retrouve d'ailleurs cette expression utilisée par certains chanteurs dans les partis d'improvisation des rumbas actuelles.
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L'instrumentation : Elle est variée et comporte une grande richesse de timbres qui ne cesse de se développer par l'addition de nouveaux instruments tout au long de son histoire.
Voici les plus courants :
les claves
le cata (ou guagua ou encore les palitos) est un morceau de bambou brut posé sur un support que l'on joue avec des baguettes ou une petite caisse de bois que l'on joue avec des cuillères (cucharas).
les cajones sont des caisses de bois de différentes tailles aux dénominations nombreuses : le quinto aigu pour les solos, le repicador medium et la basse appelée tumbador.
Les 3 tumbadoras d'origine bantoue dont la répartition des hauteurs de sons est identique aux cajones.
Les maracas, ou madrugas souvent joué par le chanteur ou un choriste marquent les temps forts dans la première partie d'exposition du thème et tous les temps dans le montuno.
On parle volontiers sans une certaine simplification, de trois variantes principales de la rumba :
Le guaguancó :
C'est sûrement la forme la plus connue et la plus populaire. Elle se joue à un tempo moyen ou rapide. Dans le guaguanco, la danse repose sur le principe de la vaccination ou vacunao. Elle est exécutée par un couple simulant un processus de séduction de l'homme et de rejet de ses avances par la femme. La gestuelle principale est exécutée par l'homme avec une poussée pelvienne vers la femme. Si cette dernière répond par un geste d'acceptation cela met un terme à la danse. Le vacunao prend ses racines dans la danse de la yuka, son ancêtre que j'évoquais précédemment.
La structure comporte trois sections. La première partie est ce qu'on appelle la diana. C'est une partie mélodique dans laquelle le chanteur principal improvise à partir de syllabes ou de "la la la". Cette section sert d'introduction et donne la tonalité ainsi que le tempo au reste de la troupe. Ensuite, le chanteur passe au thème. Le texte du guaguanco aborde les événements de la vie quotidienne. Les vers sont basés sur les décimas, à savoir des strophes octosyllabiques de dix lignes. Enfin, la dernière section repose sur le principe responsorial, c'est-à-dire sur le mode appels/réponses. Les choristes répètent des phrases courtes tandis que le chanteur principal improvise. Plus récemment, la partie vocale semble avoir quelque peu éclipsé la danse. À l'extérieur de Cuba, une version de salle plus moderne ne comporte aucune ressemblance avec l'original. Elle est dansée par des couples qui sont plus libres de faire une variété de pas en rythme.
La columbia :
Elle s'est développée dans les régions intérieures de Cuba parmi les afro-cubains qui travaillaient dans les plantations de canne à sucre dans la région de Matanzas. Elle est chantée dans un dialecte composé de mots espagnols et africains. On le considère comme un très ancien type de rumba provenant des rythmes rituels abakua. La Columbia ne comporte qu'un seul danseur masculin. C'est la danse d'un homme seul comportant de nombreuses figures acrobatiques qui attestent de la bravoure masculine. Argelier Leon dit que cette danse pour inclure des pas simulant les mouvements d'un estropié, d'un épileptique, d'une personne faisant du vélo, etc. Le danseur se place devant le percussionniste et le défi pour que celui-ci improvise des modèles rythmiques plus complexes. Le tempo de la columbia et plus rapide que celui du guaguanco.
Le yambu :
C'est une rumba au tempo lent dans laquelle les danseurs imitent les mouvements des personnes âgées. Il y a aucun vacunao dans le yambu. Le chanteur principal prononce d'ailleurs souvent l'expression suivante dans ses improvisations : En el yambu no se vacuna... Les paroles reprennent souvent les événements de la vie quotidienne ou de vieilles histoires. Dans le yambu bien connu, mama guela, on raconte l'histoire d'un jeune garçon qui ne va pas aller à l'école. Quand sa grand-mère le retrouve dans la rue au lieu d'être à l'école, elle le dispute pour essayer de le forcer à retourner dans la salle de classe. Dans cette rumba mimétique, le garçon danse autour de sa grand-mère. Elle a un malaise et le garçon tente de la ranimer en l'éventant.
La structure du yambu se compose de trois parties. La première, comparable à la Diana du guaguanco, se nomme le lalaleo ou llorao. Il s'agit d'un appel scandé composé de syllabes. La seconde partie est le couplet puis vient ensuite la troisième et dernière partie, le refrain interprété par les choristes à l'unisson appelant les courtes improvisations du chanteur principal.